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Plomb de cou new generation

DSCN4893 Je me rappelle du temps où j’avais introduit pour la première fois le collier de plomb dans mon club, ceux-ci se moquaient en lançant quelques blagues à son sujet, aujourd’hui quasi tous en utilise un, quel paradoxe n’est-ce pas ? Le matériel s’est beaucoup amélioré en quelques années, des combinaisons élaborées par des apnéistes sont sorties, des monopalmes expérimentales font leur apparition, des pince-nez dignes de ce nom comme le Paradisia nous permettent d’atteindre des profondeurs abyssales ou sont une aide conséquente lors des statiques, mais pour le plomb de cou nous en sommes toujours à nos vielles chambres à air, il fallait que cela change !

Tout d’abord à quoi sert un « plomb de cou », appelé aussi « collier de plomb » ou plus communément « neck weight » en anglais. En temps normal un apnéiste utilise une combinaison en néoprène (mousse) pour se protéger du froid, il possède une capacité pulmonaire en général plus élevée que la moyenne ou sait comment remplir ses poumons jusqu’à leur maximum, ces deux facteurs font que le haut du corps (et parfois le bas) flottent et il doit donc lutter pour se maintenir à bonne profondeur. C’est là que le plomb de cou entre en jeu, il permet de contrebalancer la flottaison du haut et aligne de ce fait le corps de manière parfaitement horizontale sous l’eau.

DSCN4890 Depuis plusieurs mois je planche sur un modèle qui intégrerait le plomb au corps de manière plus ergonomique et discrète. Les plomb de cou actuels exercent une contrainte au niveau du cou non négligeable (surtout pour les plus de 2kg), nous devons inconsciemment forcer pour garder la tête dans l’axe et la pression à ce niveau ne facilite pas la circulation sanguine. Mon idée est donc la suivante : transposer la plus grosse partie du poids au niveau du dos, plus précisément entre les deux omoplates. Ce qui devrait rendre ce poids plus confortable voire même imperceptible puisqu’il s’intègre sur une partie dure du corps. Pour une plus grande stabilité j’ai opté pour un modèle fondu en une seule pièce. Les deux crochets au niveau des épaules améliorent la stabilité sous l’eau et permettent de le garder en place (par effet de contre-poids) lorsque nous sommes à la verticale lors de la récupération. Autre avantage, il prend beaucoup moins de place qu’un lest avec de la grenaille (ici 3kg). Il a cependant un inconvénient : il a été fait d’après mes mesures et n’est donc pas transposable sur une autre personne. Rien de grave en soi puisqu’il ne s’agit pas du modèle définitif, il a surtout servi à me familiariser avec les techniques de moulage et du coulage qui seront plus tard perfectionnées.

v2 La version 2.0 est déjà en cours d’élaboration, je compte profiter des qualités de malléabilité du plomb afin de réaliser un modèle adaptable à toutes les morphologies, il y aura des entailles tous les x grammes (à calculer) afin de savoir exactement à quel endroit couper pour obtenir le poids désiré, elles faciliteront d’autant plus le pliage du plomb pour le courber parfaitement au corps. La partie du dos sera plate et pourra éventuellement être glissée sous la combinaison. Je lancerai des modèles « test » avant et si il y a un intérêt certain, peut-être alors le commercialiser à grande échelle. Le plomb étant toxique il faudra au préalable le galvaniser.

J’en profite pour faire un peu de pub du modèle très design de Cédric.

Par Vincent Cornerotte | 06 déc 2011 | Matériel | Imprimer | Partager

2 commentaires

  1. Bonjour,
    Je travaille sur un modèle similaire au tien si ce n’est qu’il est fermé comme un collier. Un plomb plus large et hydrodynamique repose sur le dos. L’avantage du collier et son maintien lors du virage et ce peut importe la position du corps. Mais ton idée me plait beaucoup !
    Tu parles de le glisser sous la combie. Attention tu dois veiller au système de sécurité. Le lest doit être largable par le nageur ou par la sécu. S’il se trouve sous la combi, le plongeur de sécu devra enlever une partie de la combi pour retirer le lest puis remonter le nageur. Tu vois ce que je veux dire ?
    La forme est bien, j’aimerai essayer !
    Le système de marquage pour couper là où c’est nécessaire, pour avoir le poids désiré, est bien. Mais cela veut dire que ton nageur doit avant tout connaître le poids dont il a besoin. Car une fois coupé, la partie retirée ne peut être rajoutée…
    Je pense que ton modèle influencera la répartition du poids sur le corps. Dans certains cas il ne sera plus nécessaire de porter un lest à la ceinture (c’est mon cas). Cela rend d’autant plus difficile le choix du poids à te commander.
    Par exemple, j’ai au coup 2kg et à la ceinture 1kg. Est-ce que je dois te commander 3kg et couper au fur-et-à mesure au risque de ne pas pouvoir revenir en arrière ?

    J’espère que je ne t’ai pas ennuyé avec mes remarques.
    A te lire !
    Bien à toi
    Sylvain

  2. Salut Sylvain, tu ne m’ennuyes pas du tout ;) D’ailleurs tu soulignes même un problème sur lequel je planche toujours, le fait qu’on ne puisse pas modifier le poids. Ceci a plusieurs inconvénients, par exemple certains n’utilisent pas le même lestage pour la DYN ou le DNF, ce qui voudrait dire qu’il faudrait un plomb de cou différent pour chaque épreuve… Je pense donc réaliser des petits modules qui soient emboitables et à la fois flexibles (pour se courber au corps), ce qui ajoute des difficultés techniques à sa réalisation mais le coulage sera d’autant plus facilité.

    Pour ce qui est du système de sécurité je pense que ce sont des règles FFESSM, enfin je peux me tromper, mais ça sera de toute façon un plomb que l’on pourra mettre au choix sous ou au-dessus de la combinaison.

    Malheureusement je ne suis pas sûr que cela change quelque chose pour ceux qui ont les jambes qui remontent, l’incidence sur le centre de gravité est faible car le lest est toujours maintenu au-dessus des poumons.

    Je pense en fabriquer vers la fin du mois de janvier, on se retrouve sur le forum pour en discuter si tu veux :)